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L’immobilier de luxe ne connaît pas la crise

En 2018, les ventes en France d’appartements haut de gamme ont bondi de plus de 34%. À Paris, le quartier du Marais est en passe de détrôner la rive gauche

Alors que le mouvement des Gilets jaunes témoigne d’un profond malaise social, les chiffres de l’immobilier très haut de gamme montrent que le secteur du luxe, lui, ne connaît pas la crise. « Le marché français du luxe a surperformé en 2018 par rapport à l’immobilier traditionnel, en jouant pleinement son rôle de valeur refuge », résume Laurent Demeure, le président du groupe immobilier Coldwell Banker France & Monaco.

Une nouvelle année record. Le volume des ventes réalisées en France en 2018 a bondi de 34,5 % pour atteindre 754 millions d’euros (M€). La propriété moyenne mise en vente chez Coldwell Banker est de 1,28 M€, en progression de 8,9 % par rapport à l’année précédente. Une partie des Français qui s’étaient installés aux États-Unis, en Belgique ou en Suisse après l’élection de François Hollande reviennent, soit pour acquérir un « pied à terre » dans l’Hexagone (d’une valeur de 2 à 4 millions d’euros), soit pour investir de grosses sommes (entre 5 et 30 millions) avec un taux de rentabilité recherché de 4,5 %. Quelques Chinois très fortunés arrivent aussi sur ce marché.

Les ventes des biens de plus de 3 M€ sont reparties à la hausse. Exemples : un hôtel particulier dans le XVIe adjugé 7,7 M€ ; un appartement de 380 m² parti à 6,85 M€ ; ou encore un appartement de 400 m² dans une station de ski prestigieuse des Alpes du Nord vendu à plus de 10 M€.

Des transactions liées au Brexit. Contrairement aux anticipations initiales prévoyant qu’il y aurait rapidement des transferts d’équipes dirigeantes de Londres à d’autres capitales, le flux d’arrivées sur Paris a été constant mais modéré. Les familles qui ont acheté sur Paris ont principalement jeté leur dévolu sur des appartements de grande taille dans le XVIe et sur la rive gauche, entre 1,8 et 4 millions d’euros. « Ce flux devrait s’intensifier en 2019 », estiment les auteurs de l’étude.

Paris en grande forme… En 2018, l’appétence pour Paris s’est intensifiée. La hausse des prix a avoisiné 6 % annuels, 12 % des ventes dépassant désormais le million d’euros ! Quelque 50 ventes par mois ont été réalisées au-dessus de 15 000 € le m² (en forte progression de 17,7 %). Dans la compétition à laquelle se livrent les grandes capitales pour attirer les investisseurs immobiliers, Paris prend quelques longueurs d’avance depuis l’élection d’Emmanuel Macron. New York est actuellement à la peine (il faudra six années pour écouler le stock d’appartements neufs livrés en 2019). Londres est quasiment à l’arrêt dans la perspective d’un « Hard Brexit » (NDLR : Brexit dur). En revanche, Genève pourrait devenir un concurrent sérieux de Paris.

… comme d’autres villes de France. Après l’euphorie bordelaise (+ 20 % en l’espace de deux ans) et le dynamisme de Lyon (+ 8 %), Toulouse pourrait être la bonne surprise de 2019. Coldwell Banker ouvrira des bureaux en 2019 à Lyon, Toulouse et Nantes.

La rive gauche détrônée par le Marais ? Tandis que Paris devient une mégalopole mondiale, de plus en plus d’acheteurs recherchent une vie de village dans la capitale, avec un style de vie « à la française » comprenant magasins, commerces de bouche, restaurants et salles de spectacle. Cela renforce l’attractivité du quartier du Marais, au cœur historique de Paris. Si le VIe arrondissement (autour de St-Germain-des-Prés) reste le plus cher de la capitale (13 010 € le m²), les IVe et Ier arrondissements de Paris (respectivement 12 750 et 12 660 € par m²) dépassent désormais le VIIe arrondissement (12 350 € le m²).

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